Attitude

Si l’on voit à peu près clairement à quoi sert la notion d’attitude, il n’est pas facile de donner une définition précise de ce qu’elle désigne et les psychologues sont loin d’être d’accord sur ce point.  G. Allport, en 1935, relève plus de 16 définitions différentes dans les ouvrages de psychologie sociale.

 

 Il y a cependant entre les différentes définitions des élements communs : une attitude est une disposition interne de l’individu vis-à-vis d’un objet; bien qu’il existe des dispositions temporaires, spécifiques de situations particulières, le terme est réservé à un état relativement stable d’une situation à l’autre; une attitude est acquise; une attitude a quelque chose à voir avec tout ce qu’évoque l’objet : affects, jugements, intentions d’actions et actions. C’est sur ce dernier point que les psychologues sont partagés. Pour certains, l’attitude est seulement une disposition favorable ou défavorable vis-à-vis d’un objet, la valeur positive ou négative que l’individu lui attribue les émotions et sentiments positifs ou négatifs qu’il ressent en présence de l’objet ou de son symbole. Cette définition étroite confine l’attitude dans le domaine affectif et la distingue à la fois de l’opinion qui relève du domaine cognitif et des tendances d’action; le problème des relations entre l’attitude, l’opinion et l’action à propos d’un même objet se pose alors dans les termes de l’influence de l’attitude sur l’opinion et l’action.

 

De nombreux auteurs d’aujourd’hui proposent une définition plus large : une attitude est un ensemble à trois composantes, une composante affective (sentiments favorables/défavorables), une composante cognitive (jugements, croyances savoirs) et une composante conative (tendances d’action).

Serge Moscovici, 1984, Psychologie sociale – Influence et changement d’attitudes page 136, PUF